Salut salut !!
Point d’orgue de notre stage, sommet de notre Art, apothéose de notre croisade péruvienne (ou pas), ça y est : nos enquêtes sont faites, et bel et bien faites. Petit récit de la semaine dernière :
Lundi dernier, souvenez-vous, on ne savait pas si on allait partir pour cause de potentielle grève des cocaleros. Il y a eu grève, effectivement, mais loin. Du coup on a pu partir tranquillement en direction de San Alejandro. Mais ça c’était mardi.
Mardi donc, départ à 6h du matin, direction San Alejandro. Protagonistes : votre serviteur, Marie, Juan (le chauffeur polygame) et Geisen, notre guide/soutient au cas où. 100km et une pause au nouveau marché de Neshuya pour prendre le petit déj plus tard, on attaque les enquêtes en commençant par les agriculteurs qui sont sur le chemin, puis ceux qui sont dans la ville même. On leur court un peu après pour certains, on est même allés jusqu’à interroger un gars qui était en train de semer son riz dans sa parcelle (voir photo : association jeune bananier/riz dans une parcelle récemment brûlée). Il articulait tellement peu qu’on n’a à peu près rien compris de ce qu’il disait, même avec l’aide de Geisen.

Là, le riz est semé en poquets, dans des petits trous faits avec un bâton fouisseur
On est aussi allés un peu plus loin, chez Julia et Nicanor, notre couple d’agriculteurs préférés. On les a attendus un petit moment, mais ça vallait la peine ! Ils sont tellement sympas et ouverts…l’enquête a un peu débordé mais c’était bien agréable de discuter avec eux.


Impressionnant une parcelle qui vient d'être brûlée, non ?
Les enquêtes nous ont pris presque toute la journée, soit beaucoup moins de temps que prévu, on a donc décidé de faire la route jusqu’à Neshuya le soir même, et d’y dormir.
Mercredi, debout à 6h, première enquête à 6h30 avec un caldo de gallina (soupe de poulet + pâtes) et un jus d’ananas dans le ventre. Les enquêtes se déroulent bien, enfin celles qu’on a pu faire car quelques agriculteurs n’étaient pas chez eux mais à Pucallpa. Logique : quand on est à Pucallpa, ils sont chez eux ; et quand ont est chez eux, ils sont à Pucallpa. Bref.
On a donc pu empiéter sur le programme de jeudi et faire un tour à Nueva Requena pour voir ceux qui étaient disponibles. Retour à Pucallpa dans la soirée, on décide du programme du lendemain avec Roger (l’ingénieur de terrain). On hésitait à bouger pour deux personnes seulement, mais étant donné qu’il avait besoin d’aller voir 2 ou 3 trucs dans le coin, on a décidé de partir à 8h du matin.
Jeudi donc, on boucle nos enquêtes, Roger va faire signer quelques papiers et voir ce qu’il voulait voir (des champs de riz qu’il a semés avec un pote, j’ai pas encore les photos mais on dirait vraiment un champ de chez nous…sauf que les 20ha sont travaillés au motoculteur et non au tracteur)…on poireaute un peu à Nueva Requena en buvant un coca et en discutant avec Roger de cultures associées (les yeux de Marie brillaient), de politiques agricoles… Et notre dernière enquête en tant que binôme se fait, suivie d’une invitation à aller voir quelques arbres, à manger des aguaje. Du coup, on est partis à 15h de chez eux sans avoir mangé.
Rentrés à Pucallpa, on a pas mal tourné pour voir ce qu’on mangeait, si on mangeait ou pas…pour finir à 17h devant un sandwich !
Vendredi, retour au bureau, Marie a remis ses notes au propre (elle était la scribbe officielle, mon écriture étant lamentable), moi j’ai pas fichu grand chose (bouuuuh).
Mes impressions sur ces enquêtes sont assez bonnes, je pense qu’on s’en est bien tirés. C’était impressionnant de voir la différence d’implication des membres dans leur association, et aussi la fluidité des échanges avec nous. Pour certains, on avait vraiment l’impression de parler Chinois et la conversation n’avançait pas ; et pour d’autres, aucun problèmes pour dialoguer (ce qui m’a un peu rassuré sur mon niveau en espagnol). Du coup le taux de remplissage de nos questionnaires varie pas mal, et la qualité des infos aussi. Quand on se sentait bien avec la personne, on pouvait se permettre de gratter (autant que notre espagnol nous le permettait). A l’inverse, quand on avait des figures interrogativo-désespérées en face de nous, on passait vite à la suite, dommage !
Marie est partie rejoindre son père à Buenos Aires samedi aux aurores, et j’ai passé mon premier week end en solo, essentiellement dans ma chambre vu la chaleur !
Ce matin, j’ai pu voir deux autres membres, dont le président, qui étaient au bureau pour une petite réunion, il nous manque donc 2 témoignages, et il est très peu probable qu’on puisse les faire (l’un travaillant toute la journée loin de Pucallpa, et l’autre vivant à Lima – allez savoir pourquoi).
Maintenant, à moi de faire une première, voire une deuxième étape de débroussaillage et de synthèse, je suis le seul “maître” à bord pour deux semaines, et après je refile le bébé à Marie pour deux semaines, direction Sao Paolo ! (Piracicaba en fait, mais personne ne connait).
A la revoyure !