05-10 : Ca avance (presque) !

Quelques nouvelles pour résumer la dernière semaine :

La semaine en elle-même aura été aussi inoccupée que les précédentes, mais ce week end était un peu special…

Vendredi déjà, nous avons participé à un cours sur la “déforestation évitée”, un concept qui permettrait à des agriculteurs et à des entreprises forestières de recevoir des sous si elles ne déforestent pas (je résume et je simplifie à outrance, hein).

Samedi matin, les agriculteurs de Prosema étaient invités au bureau de l’ICRAF pour une assemblée générale, la dernière sous la coupe du projet que l’on évalue (tant bien que mal). La réunion a donc eu lieu, pas mal de choses intéressantes se sont dites, on a assisté à une séance de remotivation des troupes ! Nous avons ajouté notre petit grain de sel, moi rappelant aux agriculteurs qu’ils allaient bientôt recevoir notre visite et expliquant les modalités de l’enquête ; et Marie rappelant, photos à l’appui, les principales étapes du stage que l’on a fait avec eux, et leur demandant leurs impressions.

Vous aurez donc compris que notre objectif initial était de faire nos enquêtes cette semaine…or je suis derrière mon écran d’ordinateur, c’est pas normal… En effet, pendant le repas du midi, une agricultrice de la zone de San Alejandro (la plus loin de Pucallpa, à 110km, donc 2h de route je précise) nous a dit que les cocaleros – les agriculteurs producteurs de coca – commençaient une grève illimitée ce lundi. Du coup, on attend de voir l’ampleur du mouvement, ne sachant pas jusqu’où il va s’étendre géographiquement. S’il est limité à San Alejandro, on se débrouillera. Par contre, s’il est plus proche de Pucallpa, on l’a dans l’os !

Forts de cette informations ô combien précieuse pour notre sécurité, entre autres, on a donc coincé un maximum d’agriculteurs entre deux réunions, ou même le samedi soir, pour commencer nos enquêtes. Oui, car, ce que je n’ai pas dit, c’est qu’après l’assemblée générale, les membres de Prosema suivaient un cours de comptabilité et de gestion d’entreprise le samedi après midi et le dimanche, jusqu’à 13h. Donc on a profité du fait de les avoir sous la main, et on a réalisé nos 3 premières enquêtes. Les résultats sont mitigés, on a parfois l’impression que les agriculteurs ne nous comprennent pas, à cause des différences de langue (entre leur espagnol, mitigé de mots locaux et peut-être même de restes de Quechua, et le notre ; et entre le langage “ingénieur” et le langage “agriculteur”…on a pas fini de voir à quel point le fossé est profond, à mon humble avis).

Du coup, on attend des nouvelles des agriculteurs pour savoir si on peut mettre le nez dehors…

29_09 : A quinze ans, rien n’est impossiiiiibleuuuu

Salut les invisibles ! (ça faisait longtemps que je vous avais pas appelés comme ça, tiens)

Quoi de neuf depuis ce temps ?

Pour le boulot, ça va vous surprendre : à peu près rien. On sait juste que le dernier atelier et la dernière assemblée générale des membres de Prosema aura lieu ce week end (samedi et dimanche, oui oui). La dernière qui soit sous la coupe du projet de l’on a à évaluer, peut-être la dernière tout court, allez savoir ce qui va se passer une fois que le cordon ombilical sera coupé.

On va donc commencer à cuisiner quelques agriculteurs, de préférence ceux qui habitent le plus loin de Pucallpa, entre deux réunions ou le soir. Et la semaine prochaine, on attaque les enquêtes avec le reste, en priant pour avoir le temps de tout faire avant que Marie ne parte en Argentine.

On va aussi participer à un cours sur la capture de CO2 qui aura lieu vendredi à l’ICRAF, avec des gens qui semblent être au point sur ce sujet.

Pour les activités annexes, deux week end assez occupés se sont écoulés depuis mon dernier article :

  • Le week end du 19-20 septembre :

Samedi, cours de couture pour Marie, glandouille pour moi. Le soir, nous étions invités par Marjorie, cousine de Susan (vous suivez ?), notre voisine, à manger dans leur paroisse adventiste. Bon, d’accord, allons voir ce que c’est…En fait c’était un repas tout bête, avec blabla du pasteur (21 ans), chanson et ambiance assez molle de la part des jeunes présents. Du coup, rien de bien palpitant. Après cela, on a servi de couverture aux deux demoiselles qui, en dépit de leur âge (16 et 20 ans), doivent demander la permission à leurs parents pour sortir le soir. On a donc joué notre rôle de grand frère/grande soeur pour sortir boire une bière, danser un peu et commander une pizza (selon les envies de Susan, décidément bien contente de nous trouver !).

Dimanche, nous étions invités par Lizbeth, l’employée de maison de nos proprios, à venir fêter les 15 ans de son aîné. On arrive vers 10h, j’aide à installer des bâches pour faire de l’ombre, Marie aide en cuisine à préparer les amuse-gueule (pris à la fin du repas, à l’inverse de cheu nous) et les boissons (“refresco” de camu-camu et cocktail aguardiente-maracuya dosé pour les ados).

Vers 13h débarquent les copains-copines de Jonatan (celui dont c’était l’anniversaire), le parrain, la marraine, la voisine, un copain des parents…en tout une dizaine de personnes.

Les potos du Jojo (ouh, je suis inspiré, moi)

Les potos du Jojo (ouh, je suis inspiré, moi)

On aide à faire le service (bon, surtout Marie), on discute, je prends des photos des gens (pour une fois j’ai des portraits pris à la volée qui sont potables), on joue avec le singe de la voisine, on boit de la bière, les jeunes dansent et descendent le cocktail à une vitesse foudroyante (heureusement qu’il était peu dosé !), et l’après-midi passe tranquillement !

La voisine

La voisine (j'l'aime bien ce portrait !)

  • Le week end du 26-27 septembre :

Dans la journée de samedi, encore une fois pas grand chose de palpitant, quelques courses. Je suis allé voir William, un coiffeur français installé depuis 3 ans à Pucallpa, marié depuis 2 ans à une pucallpinoise, super sympa, qui nous a invités à faire quelques sorties avec lui dans la forêt un de ces quatre.

Le soir, par contre, nous attendait l’Evenement avec un grand E : les 15 ans de Susan (une autre, l’autre a 16 ans, faut suivre), nièce de Sonia, la secrétaire de l’ICRAF. Pour les filles, l’anniversaire des 15 ans est l’occasion d’une grande fête avec toute la famille et les amis, les parents claquent une fortune pour que tout soit parfait…et le protocole est très codifié, au moins pour le début de la soirée : la fille arrive dans une robe à la Walt Disney, au bras de son “parrain de 15 ans”, danse la valse avec lui, puis avec son papa, puis, puis puis…

La famille et la demoiselle

La famille et la demoiselle

La soirée se déroule bien, on s’ennuie un peu (on ne connait que la tata, et la musique est tellement forte qu’on peut à peine discuter avec nos voisins de table) ; on nous sert à manger à 2h du matin (la soirée ayant commencé à 23h bien tassées, heureusement qu’ils avaient invité les gens pour 21h), ça danse, ça danse, ça danse…on finit par jeter l’éponge à 3h du matin, pensant qu’il nous fallait nous lever tôt le lendemain, car…

Dimanche : la semaine précédente, Marie avait été invitée par la voisine de Lizbeth (celle qui a un singe, NDLR) pour apprendre à faire les juanes (souvenez-vous, le riz-poulet-oeuf-olive cuit dans une grande feuille qui ressemble à du bananier). Debout à 8h, un peu dans le pâté, on arrive à 8h30 chez Roxana (c’est elle la voisine), le temps de donner les photos de l’anniversaire de Jonatan à Lizbeth et on attaque…par le petit déjeuner : poisson à la braise, banane, et un petit coup de coca péruvien pour faire couler.

Ensuite, “on” (en fait on a surtout regardé faire) s’attaque aux juanes : “on” zigouille un coq, plumage, dépeçage, cuisson…ensuite le riz, les épices, les oeufs (je fais ça en accéléré hein, ça a bien pris 5 heures en tout). On sue, on discute, on (surtout je) joue avec le singe, puis vient le moment crucial du remplissage des feuilles, assez délicat car elles sont fragiles. En tout, “on” aura fait 23 bons gros juanes avec 2,5 kg de riz.

Remplissage de feuille de Bijao

Remplissage de feuille de Bijao

Une fois cuits (recuits en fait), on est partis assister à quelques parties de foot dans le village (qui n’en est pas un, mais l’ambiance fait vraiment “village” : les gens se connaissent, sortent dans la rue, jouent au foot et au volley ensemble, bref une super bonne ambiance qu’on ne connait plus en France), puis retour à la maison avec 2 juane chacuns, bien fatigués (surtout moi, incapable d’aligner 3 mots en espagnol).

Pfiou, si vous êtes arrivés jusqu’ici, vous êtes bien courageux !

A la prochaine !

18_09 : Résumé des épisodes précédents

Houlala, ça fait un moment qu’on n’a rien posté ici !!

Je vais tâcher de résumer le contenu des derniers jours (voire des dernières semaines !)

Concernant le boulot :

On avance doucement mais sûrement, nos enquêtes sont prêtes, révisées par Abel, retouchées et envoyées pour avis à tous les gens de l’ICRAF qui ont quelque chose à voir avec ce projet. On attend leurs retours encore une petite semaine, s’il n’y a rien tant pis, on ira faire nos enquêtes quand même la dernière semaine de septembre !

La semaine prochaine, on compte passer une paire de jou

rs pour assister à la récolte des graines, il faut qu’on puisse voir Roger afin de s’organiser un minimum. D’ici là, on glandouille pas mal (surtout votre serviteur, j’avoue), on lit de la biblio, bref on s’occupe.

Concernant le reste :

  • Le week end du 5-6 a été bien occupé :

- Samedi, on est allés au bord d’une lagune avec la famille qui nous loge et Lizbeth, leur employée de maison, pour se faire des grillades et se baigner…l’eau était tout simplement divine (si on exclut les micro-poissons qui mordent) : super chaude sur 10 cm, et plus froide en-dessous.

- Dimanche, on était invités à manger chez Lizbeth, et pour manger, on a mangé !! Arrivés à l’heure du petit déjeuner, on a re-petit déjeuné (“sardinas” frites, rien à voir avec les sardines de mer qu’on connait), puis Marie a pris un cours de cuisine à la péruvienne, moi j’ai aidé au lancement du feu destiné à faire cuire les patates, discuté avec le pater familias (oui, ici les mecs à la cuisine, c’est inimaginable), on a mangé des “chupetes” (sorbets), puis on a déjeuné, fait une mini sieste dans un hamac, et re-chupete… Franchement, c’était une super demie-journée, on a enfin vu à quoi ressemblait la vie des “vraies gens” (pas nos richissimes propriétaires) dans les “asuntamientos humanos” (les banlieues-tampon de Pucallpa, qui absorbent tant bien que mal les innombrabres migrants andins), et Lizbeth et sa famille sont vraiment adorables.Ca nous change de nos proprios un tantinet râleurs et pas 100% communicants.

Un petit bout de mangue verte ?

Un petit bout de mangue verte ?

Vers 16h, nous avons pris congé de la famille pour nous rendre au “paraiso nautico” (là je traduis pas), un “recreo turistico” (je traduis pas non plus) comme il en existe tant, pour écouter le groupe d’Andrew, un tromboniste super sympa que j’ai rencontré alors qu’il jouait dans une fanfare religieuse. Ce gars a un niveau en trombone déconcertant pour un type qui en fait depuis 2 ans…Il m’a prêté son trombone un soir, ça m’a fait du bien de rejouer un peu, faut que je voie si on peut pérenniser l’affaire. L’idée d’intégrer son groupe m’a traversée un moment, mais ça impliquerait l’achat d’un trombone (à Lima, donc il faut l’acheminer), sa revente (je peux pas le ramener dans mes valises comme une flûte de pan), et 3 mois pour intégrer un répertoire, c’est trop peu pour moi, d’autant que le leur est bien étoffé.

  • Le week end dernier, pour faire court :

- Vendredi soir, visionnage d’un film d’humour américain (sic) à l’église (y’a pas de cinéma, donc on fait où on peut) avec Suzan, une nièce de notre proprio qui est aussi notre voisine, sympa comme tout et motivée pour nous faire découvrir les charmes de la vie pucallpinoise et pour nous apprendre à danser la Cumbia (la tâche est rude).

- Samedi, piscine et dorage de couenne l’après midi, y’avait pas un chat !

- Dimanche, je suis allé voir, par curiosité et par invitation de la part de Suzan et de ses parents (oui, ça fait 3 fois “par”, et alors ?), comment se passait une messe. Ces braves gens sont dans une paroisse de l’Eglise Adventiste, une des branches du mouvement protestant. Donc point de curé mais un pasteur, étasunien, blond et frisé, avec une tchatche impressionnante. La “cérémonie” est 1000 fois moins formalisée que ce que je connais : on (enfin, ils) commencent par chanter du rock chrétien en mode “karaoké” pendant une bonne 1/2 heure, avec un vrai groupe de jeunes qui fait la musique et qui mène. Puis vient le prèche, une bonne heure je crois, où le pasteur prend des bouts de la Bible et les explique à sa sauce, avec véhémence et humour. C’est impressionnant de voir à quel point les gens sont impliqués dans ce que dit le pasteur…à chaque fin d’envolée lyrique, ils applaudissent, ils se marrent quand le pasteur fait une blague, approuvent certains points…inimaginable cheuu nous !

Sortis de l’église, on est allés se faire un petit poulet au barbeucue dans un restaurant, on a discuté politique, tout ça…

L’après-midi, Suzan nous a traînés dans un autre “recreo turistico” (toujours le trio piscine+groupe de cumbia + bière), on s’est un peu fait suer au début, mais on a fini par danser un petit moment à la fin.

Dans les plans à venir :

- Ce dimanche, nous sommes à nouveau invités chez Lizbeth, à l’occasion des 15 ans de son aîné. Au programme : arrivée tôt le matin pour aller au marché avec elle, et popotte ! Je vais en profiter pour faire un gâteau au yaourt (sans pépites de chocolat faute de chocolat potable, snif).

- Dimanche prochain, rebelotte, sauf que là nous sommes invités aux 15 ans d’une nièce de Sonia, la secrétaire de l’ICRAF. Et pour les filles, les 15 ans, c’est LA grosse fête, une débauche de kitsh m’a dit Andrea…on verra ça !

Petits moments de vie pucallpinoise

Petit post spécial pour les petits moments qui font Pucallpa … Car certes il n’y a pas grand chose à faire dans cette ville un peu fofolle qui a créé un nouveau style architectural ie le cube de béton avec les fers à béton qui dépassent, mais on s’amuse quand même d’un rien !!

Les motos-taxis par exemple : On pourrait faire plusieurs groupes… Ceux qui connaissent le trajet et qui nous ramènent vite à la maison…Ceux qui nous ramènent trop vite à la maison en doublant les motos des flics par la droite … Ceux qui connaissent pas la route et qui prennent les boulevards encombrés… ceux qui croient connaitre un super raccourci mais en fait non, et du coup tu te tapes du tape-cul dans les chemins pas goudronnés pour finalement arriver en retard !!

Si si j'ai encore une frange, quand j'ai pas de vent dans la tronche !

Si si j'ai encore une frange, quand j'ai pas de vent dans la tronche !

Ensuite, il y a la vie passionnante des fourmis : ces bestioles sont vachement organisées en fait ! Elles te démontent une groooosse feuille (ici les feuilles sont énormes) qu’elles vont chercher dans les arbres ( là par contre elles sont pas futfut, yen a des vachement plus basses) en à peine une journée ! elles te la découpent et te la descendent jusqu’à leur fourmilière … le tout à la queue leu leu, presque en rang par 2 … Comme quoi yen a qui bossent au bureau !! (paske nous pendant ce temps on les prend en photo, donc forcément …)

ça descend à pic !!

ça descend à pic !!

... sacré déménagement !

... sacré déménagement !

Ah, dans les moments péruviens difficiles il y a la quête (perdue) de la bonne bouteille de pinard
On a tenté le rouge => On dirait du sirop de cassis.. pas mauvais mais un shot suffit, après t’as la glycémie qui s’emballe
On a tenté le blanc demi-sec => ça passe, ça a le goût d’un mauvais liquoreux français… Du coup, j’ose pas goûter les liquoreux péruviens de peur de boire du sirop de sucre !
On a tenté le blanc sec => Yen avait qu’un, pas cher, mais on comprend pourquoi … c’est en effet sec, mais pas bon du tout
On a même tenté le rouge roumain => bon ok c’est pas local, mais ça fait plus penser à du rouge.. à du très mauvais rouge … voire du mauvais cubis …
pour finir, on a tenté le mousseux => ça se boit, mais ça a un goût de kir déjà fait, ça pétille presque pas et c’est encore une fois très sucré : On a bu une bouteille à 2, effet alcool=0 effet sucre=1

... Mmhh la bonne bibine

... Mmhh la bonne bibine

malgré la couleur, c'est bien du sec !

malgré la couleur, c'est bien du sec !

Perso, j’abandonne, soit je passe au Pisco ou à l’aguardiente, soit je teste les vins chiliens et argentins, mais le vin péruvien … no mas !

Petit clin d’œil à papa, ici les vétos sont beaucoup plus funky …

C'est quand même plus sympa, non ?

C'est quand même plus sympa, non ?

Et pour finir, depuis quelques temps, on va à la piscine le dimanche, histoire de faire baisser la température, car en ce moment, il fait une chaleur quasi insupportable …

Benoit se la coule douce

Benoit se la coule douce

piscine 2

... Et encore, vous vous avez que la photo ...

... Et encore, vous vous avez que la photo ...

J'ai bronzéééééé, la preuve en image !!

J'ai bronzéééééé, la preuve en image !!

01_09 Sortie de torpeur…ou pas ?

Houlala, ça fait un moment que j’ai rien écrit, moi… après l’interlude “miam-glou”, qui sera très certainement complétée au fil de nos aventures cullinaires, quelques nouvelles.

Concernant notre boulot, pour l’instant on navigue un peu dans le flou mais on s’accroche. Pour faire imagé, imaginez que l’on joue au puzzle, mais que les pièces sont éparpillées un peu partout.

En vrai, on cherche à se faire une idée la plus précise possible de ce qu’était l’association de producteurs avant que ne commence le projet visant à les rendre autonomes (en 2007). Le travail n’est pas facile, car les 3/4 des gens de l’ICRAF ont débarqué ici il y a moins de 2 ans, ils n’étaient donc pas là avant que le projet ne commence. La pêche aux informations est donc un peu compliquée, mais on va y arriver, au fur et à mesure.

Parallèlement, on retouche notre questionnaire d’enquête de sortie de projet, enquêtes qu’on commencera théoriquement à la fin du mois. J’ai bien dit théoriquement, on est en Amérique Latine, ne l’oubliez pas…

Sur un plan moins studieux, on commence tout doucement à se faire quelques contacts péruviens, et tchèques aussi (des thésards de l’université de Prague, qui bossent à l’université de l’Ucayali, sur les mêmes arbres que nous pour deux d’entre-eux/elles). Marie s’est mise hier au fitness (enfin, au Taï-Bo, c’est du fitness en plus agressif) ; moi heuuuu…ptêt un peu de muscu de temps en temps, ça ne peut pas me faire de mal. Sinon j’ai pris contact avec un tromboniste pendant un défilé dimanche soir, on se rencontre à nouveau ce soir, on verra ce que ça donne !

Dans les projets à long terme, il y a des vacances/sortie du pays de prévues, direction Sao Paolo (au Brésil) pour deux semaines en ce qui me concerne pour aller voir Andrea ; et direction Buenos Aeres (Argentine) pour Marie, qui y retrouvera son père pour une ou deux semaines de vacances ! Dates prévues (pour moi, pour Marie c’est pas encore calé) : 23 octobre-7 novembre !

Bebidas peruanas… sluuuuurps !!

Je vous rappelle le contexte : Pucallpa, selva, 28°C en moyenne toute l’année, un soleil brûlant … Donc, oui au Pérou, ON BOIT !! mais ici, il vaut mieux ne pas boire l’eau du robinet, sous peine de découvrir l’hôpital de Pucallpa !!

Petit panel des boissons péruviennes… Je commence par la plus banale, et pourtant pas la plus consommée : l’eau ! Ici, l’eau appartient à … coca cola !!!!! Moi qui n’aime pas boire du coca, je suis obligée de leur donner des sous pour ne pas finir déshydratée !

soiiiiiiiif !!!!!!

soiiiiiiiif !!!!!!

- Ce qui se boit le plus ici, ce sont les jus de fruits… Et de vrais jus, épais, avec des fruits mixés, et des inconnus, locaux et délicieux… Mais bonjour le mal de crâne pour tout retenir ! dans les classiques, il y a donc le jugo de aguaje, jugo de cocona, de papaya, de pina, de maracuya, de manzana (rien à voir avec le jus de pomme français !),  et j’en passe !

Sluuurp, c'est bon la papaye !

Sluuurp, c'est bon la papaye !

- Ensuite, dans chaque resto, quand tu prends un menu, tu as le droit à un refresco. c’est une boisson sucrée plus légère que le jugo, un peu comme un soda en moins sucré, ou comme un jus français. Sauf que c’est encore des trucs qu’on connait pas !Il y a par exemple la cebada faite avec de l’orge (nion, c’est pas encore de la bière !) ou encore la cocona, citée au dessus, mais en version plus légère.

- La boisson bien typique, c’est la chicha morada, faite avec du maïs violet. c’est vraiment super bon et parfumé !!! De loin on pourrait croire à du vin rouge, mais de près, c’est plus comme du jus de raisin, sauf que c’est du jus de maïs…

- Après, il y a aussi ,es trucs un peu plus concept, plus “culturels ” dirons nous, comme le masato. le masato, c’est un jus de yuca fermentée. déjà que la yuca, faut 2 semaine spour commencer à l’aimer, en jus, il faut bien 2 mois, une grande soif et une grande faim aussi ! En fait, si tu sais pas que c’est une boisson “normale”, tu crois que c’est un lait qui a beaucoup tourné, car ça pétille en bouche… Faut imaginer un Yop pas trop sucré qui a tourné !!

- Il y a aussi un petit cocktail sympa, dont j’ai oublié le nom, très concept aussi, qu’on a bu un matin avant d’aller faire des mesures au champ… D’ailleurs, pour faire des mesures après, c’est pas le plus évident .. Je vous explique le principe:

*Une bière brune

*un oeuf

*du lait

* … Et on mixe le tout !!!!

Eh bah mine de rien, c’est ‘achement bon, et pas lourd du tout !

- Comme je l’ai expliqué, les péruviens ne boivent jamais d’alcool à table… Ni bière ni vin. En parlant du vin, on a goûté ce qu’ils osent appeler vin rouge, et qui n’en ets pas du tout. C’est plus un sirop, une liqueur, mais pas du vin !! Pareil pour le blanc, un peu plus buvable, mais le demi-sec a un goût de mauvais liquoreux français… à oublier donc, le vin …

Par contre il reste la bière, et là, les péruviens savent y faire ! Entre la San Juan, la Pilsen, La Cusquena, la Cusquena negra, la Cristal, il y a de quoi se faire plaisir ! Et ce qui est bien ici, c’est que les bières se vendent à emporter par 3 (bouteilles de 650 mL) avec un système de consigne : faut ramener les bouteilles, seul geste écologique du Pérou ^^

Voilà voilà pour les debidas, et vive la Cusquena negra, c’est la meilleure !!!

cusquena negra bien fraiche

cusquena negra bien fraiche

Cocina peruana … miam !

‘Tention, c’est Marie qui vous parle ! Voilà presque 2 mois que je traque tous les restos de Pucallpa et autres bleds péruviens à la recherche des mets les plus étranges … Et c’est sans honte que je dégaine mon appareil photo pour immortaliser ces plats succulents …

Mais commençons par les généralités : Au Pérou, il y a 3 repas, le desayuno (petit déjeuner), l’almuerzo (déjeuner) et la cena (dîner). Le goûter, ils ne connaissent pas… Cela dit, quand vous verrez les plats, vous comprendrez que c’est pas nécessaire !

Le desayuno, donc ! Au Pérou, c’est un vrai repas, qui varie chaque jour, pas du tout comme en France où on a tendance à toujours manger la même chose, genre bol de céréales. Et quand je dis que ça varie, c’est que ça peut aller du pain tartiné de manjar (dulce de leche) à la soupe de poisson, en passant par un plat de porc grillé avec des bananes… Au début ça surprend !! Et bien sûr, tout desayuno est accompagné d’un énooorme verre de jus de fruits fraîchement mixé.

Voici par exemple un desayuno avec cecina con platanos (viande de porc fumée avec des bananes sucrées cuites), un bon jugo de pina (jus d’ananas, avec du vrai ananas bien mousseux !) et pan de maiz (petits pain de maïs)

platanos y cecina matin

Autre exemple, un plat avec du poulet et des oignons, et des bananes vertes cette fois, cuisinées comme des pommes de terres sautées !

platanos fritas y carne

Mais le plus dur le matin, c’est quand même la sopa de pescado con espinas, un bouillon avec un gros bout de poisson pleins d’arrêtes …

Autre expérience qui vaut le coup, c’est de prendre le desayuno sur un marché avant d’aller faire des mesures d’arbres, ou après s’être tapé 4 heures de bus sur des cailloux et avant de s’en retaper 6… Là le grand classique, c’est le caldo de gallina. c’est une sorte de soupe aux vermicelles, mais avec des spaghettis et un bout de poulet. Le bout de poulet, c’est un peu la roulette russe : des fois tu as un bout de pechuga (poitrine) et là je dis “gagné”, ça se mange, des fois tu as un bout de patte, et là je dis perdu, car voir des ongles de poule dans mon caldo, des fois c’est un peu dur ! Et avec chaque soupe, il y a une petite assiette avec des bananes cuites à l’eau et/ou un bout de yuca cuit. Vaut mieux les tremper dans la soupe, sinon ça aspire toute la salive.

Dernier exemple de desayuno qui cale pour la journée : arroz chaufa con platanos y huevos avec un pichet (par personne) de jugo de papaya.

Avant ...

Avant ...

... Et après !! Dur de finir !

... Et après !! Dur de finir !

Après des desayuno si complets on croit qu’on a plus faim, mais l’almuerzo vient très vite ! L’almuerzo classique quand on va au restaurant, c’est de prendre le menu, toujours composé d’une sopa et d’un segundo, donc d’un plat. Là les cartes sont souvent remplies de noms copmpliqués : asado de pollo, seco de pollo, churrasco, escabeche de pollo … j’avoue  ne pas avoir trop saisi la nuance enter tous ces plats car on se retrouve toujours avec une plâtrée de riz, et un bout de poulet… En enquêtant auprès des locaux et en recroisant les différentes informations, j’ai cru comprendre que c’est la façon de cuisiner le poulet qui change.. Ah ? si vous le dites …

Escabeche de pollo con arroz y papas

Escabeche de pollo con arroz y papas

Mais la selva a aussi ses plats typiques ! Et le gagnant est .. le Juane ! Ce plat se mange notamment le jour de la San Juan, jour férié où les gens vont se baigner dans les fleuves (ou les piscines) en mangeant des juanes toute la journée. Le Juane, c’est super bon ! ça consiste à mettre un bout de poulet, un peu d’oeuf dur et une olive dans du riz, le tout dans une grande feuille dont j’ai encore oublié le nom, et de cuire tout ça à l’eau … ça donne un truc délicieux qui se mange froid, et qui est bien pratique à emporter dans les champs !

Dépiautage en images :

On enlève la feuille ...

On enlève la feuille ...

Et voilà un ti juane tout nu !!

Et voilà un ti juane tout nu !!

Ensuite, le pachamanca. C’est un plat qui se cuit dans la terre (pacha=terre), composé de poulet cuisiné sur des pierres, de camote (patate douce), de papas (pommes de terre), de choclo (maïs) et de frijoles (haricots). Ca s’accompagne evidemment de riz, mais ça, plus besoin de le préciser !!

pachamanca

Pour changer un peu du riz, il y a aussi la pomme de terre, qui permet de faire des causas limenas rellenos con atun, ce qui ressemble très fortement à un hachis parmentier, mais avec du thon (oui, oui, du thon de la selva !) et une purée de patates jaunes. En fait ça fait même un sandwich-parmentier purée-thon-purée !

Tout en couleurs!

Tout en couleurs!

Et bien sûr, il y a le ô combien connu ceviche, ce poisson cuit dans le citron vert ! C’est vraiment délicieux ! ça peut se faire avec n’importe quel poisson, c’est frais, ça pique un peu .. ET ce n’est pas accompagné de riz …^^

mmhh le bon ceviche de doncella !

mmhh le bon ceviche de doncella !

Après, on peut encore rencontrer des tamales ou les humitas, sortes de juanes avec du maïs écrasé soit cuit dans une feuille de bijao ou dans une feuille de maïs, mais surtout mon plat préféré… le tacacho con cecina … Miam! Le tacacho, c’est une boule de bananes vertes cuites au barbeuc puis écrasées et mélangées avec du bon gras de cochon et des cacahuètes grillées … C’est bourratif, mais servi avec une bonne viande de porc caramélisée… ça fait plaisir !! Il y a aussi la papa rellena autrement dit pomme de terre farçie, c’ets là aussi un truc très bon : ce n’est non pas une pomme de terre normale qui est farçie, mais une quenelle de purée replie de poulet de raisins secs …. Benoit est fan!

et une papa ellena bien entamée, une !

et une papa rellena bien entamée, une !

E pour finir la cena (dîner) est un peu comme l’almuerzo, mais souvent il n’y a pas de soupe et c’est un peu plus léger… Car le péruvien dit qu’il faut petit déjeuner comme un roi, déjeuner comme un prince, et dîner comme un pauvre …

Vous remarquerez que je ne parle pas de desserts… Il n’y en a quasiment pas, ce n’est pas du tout dans les habitudes de finir sur un dessert.. à la rigueur une gelatina (jelly) mais ce n’est jamais proposé dans les restaurants par exemple. Au niveau des boissons, que je détaillerai plus tard, les péruviens ne boivent pas d’alcool ni d’eau à table, mais des refrescos, sortes de jus de fruits ou sirops à l’eau, mais naturels…mais on verra ça une autre fois !

Bon ap’ !!